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Le modèle djuin 2020

 

 

Entretien juin 2020

ici

Gérald  Engelvin à la galerie L’Oeil du prince (extrait du blog de Pascal Ordonneau)

Fin de la journée. Tout près de chez moi, une galerie qui, elle aussi, défend une « ligne ».

J’y avais trouvé une peintre (ou une peintresse ? ) : Zou, sur laquelle j’ai rédigé pas moins de trois chroniques.

Le thème suivi par la galerie est définitivement « peinture » figurative. Ringard ou retour aux origines ? Je pense que c’est une bonne idée. On peut comme GNG, avec Catherine Seher, opter pour une figuration suggérée où les formes ne s’imposent pas par elle-même mais par leur façon de parler de la vie intime et des sentiments. Dans le cas de l’Œil du Prince, les formes sont clairement celles de la représentation des personnes, des objets ou des lieux.

J’ai particulièrement aimé le travail de Gérald Engelvin. Un réalisme pur et dur. Et un mystère, car à représenter avec autant de précision, on finit par se heurter à la surface des choses et des êtres. On s’aperçoit que sous couvert de rendre compte d’attitudes, de poses et de de regards, l’artiste instaure un mystère au milieu d’une clarté, une intranquillité au sous couvert de quiétude.

La matière n’est pas lisse, un aspect granuleux écarte toute impression d’hyperréalisme. Les attitudes des personnages écartent toute complicité avec le regardeur. Ce sont souvent de jeunes enfants et, encore plus souvent, des « liseurs » plongés dans leur bouquin, absents au monde, insouciants des regardeurs.

A les regarder justement, à ces images de Gérald Engelvin, d’autres images s’invitent et viennent apporter leurs lumières. Images photos d’Erwin Olaf dont la clarté et la simplicité ont du mal à dissimuler drames et interrogations intimes quand elles ne les mettent pas directement en scène (la Honte). Et inévitablement, Balthus, lui aussi peintre des filles. Gerald Engelvin ne laisse pourtant pas planer l’étrange, ni ne l’introduit dans les formes qu’il dispose.  Les dislocations de l’intime, du temps et du sexe de Balthus ne sont pas les siens : sa musique est plus classique. Elle est si proche d’une « ligne claire » qu’elle pousse le regardeur à hésiter entre représentation de la vie quotidienne et questionnement sur ce qui vit sous la surface des choses.

Le lecteur est-il absent au monde ou plus présent et plus sérieusement dans le monde que le regardeur ?

(source http://www.pascalordonneau.com/soliloques-sur-l-art/soliloque-sur-l-art-mai16-une-belle-promenande/)

 

Article de Sophie Van Vlierberghe (Le bien public, sept 2015)

Les toiles de Gérald Engelvin nous ouvrent  les portes d’un univers candide, intime, et emprunt de fraîcheur. Les thématiques de l’enfance et du foyer y sont traitées avec beaucoup de grâce, dans des portraits tendres et expressifs.

Prenant parfois une dimension narrative de scènes de vie, ceux ci situent le sujet dans un contexte à la fois réaliste et idéal: les intérieurs élégants et désuets, l’ambiance feutrée à souhait…Tout tend à imprégner la toile d’une tendre nostalgie.

Un décor auquel font bien sûr échos les tenues des joyeux bambins:  sages, classiques et un brin rétros. Les petites filles modèles sont saisies avec beaucoup de justesse et de poésie: l’une dort paisiblement dans un fauteuil, une autre lit sur un sofa, une troisième contemple rêveusement un paysage bucolique par la fenêtre ouverte… Si les visages restent à dessein dans une sorte de flou délicat, les silhouettes, les attitude et les postures nous en disent autant que n’importe quelle mimique ou regard, permettant au visiteur de se raconter son histoire. Tout ceci est servi à merveille par un travail soigné de la lumière et de la perspective, auquel s’associent des couleurs douces et chaleureuses.

 

Gérald Engelvin,"Le rêve",hst, 55 x 46 cm : 2 8

L’Univers candide de Gérald Engelvin

Ses toiles sont traitées avec élégance : l’enfance dans sa plus grande innocence ou la quiétude d’une nature morte, tel sont les sujets phares de Gérald Engelvin.

L’artiste autodidacte nous livre les tableaux d’un monde presque idéal dans lequel la petite fille se prélasse encore au creux d’un fauteuil, bien loin du jouet dernier cri. Des couleurs grisées, presque pastel, sont utilisées pour traiter ces portraits dont les sujets sont toujours solitaires. Cette esthétique se retrouve dans le style de ses autres thèmes : les natures mortes, coupes de fruits ou fleurs. Des teintes plus vives permettent à l’artiste de jouer avec la lumière et d’éveiller sa peinture.

Artiste contemporain depuis 1998, c’est pourtant une formation d’ingénieur chimiste qu’il a suivie. Il expose aujourd’hui en France : à Paris, Saint-Jean de Luz, Dinard, Avignon ou Courchevel dans des galeries qui lui restent fidèles. Mais l’international est aussi tombé en émoi devant ses toiles fleuretant avec la nostalgie : on le retrouve au Japon, au Luxembourg ou aux Etats-Unis.

 Flore (source: http://www.sauvonslart.com) 2013


 

A la recherche du temps perdu

Dans un style réaliste, l’exposition de Gérald Engelvin à la galerie Portal de Saint Jean de Luz, ne laisse pas indifférente.
Bien qu’autodidacte, ce Versaillais né en 1972 maîtrise les techniques avec grande facilité.
Habilement, il dessine des scènes d’intérieurs de mobilier Louis XV et XVI aux perspectives précises qu’il apparente à des compositions modernes.
Dans ces décors au faste d’antan, il y pose ses personnages, un ou deux enfants souvent de profil en mouvement ou endormis. Il expose également des natures mortes de fruits et de fleurs aux couleurs de camaïeux délicats. Tous les détails dans ses toiles à l’huile se reflètent en une harmonie classique.
Comme un metteur en scène, le peintre fixe l’instant à la recherche du temps perdu, ou peut-être afin de le pérenniser, tel un éternel retour.

Anne de la Cerda (source: http://www.lasemainedupaysbasque.fr) 2012


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Texte de Catherine Portal

La peinture émouvante de Gérald Engelvin déploie des trésors de tendresse. Sages ou espiègles, les enfants fleurent bon la confiture de grand-mère, les parties de cache-cache et la bonne éducation.Une douce chaleur d’intimité feutrée naît d’un jeu subtil entre matière et couleur. Ici la pâte riche accroche la lumière en clair-obscur, là les tonalités acidulées amènent fraîcheur et naturel.

   Cette enfance dorée comme ce fauteuil doré Louis XVI à l’éclat à la fois nostalgique et riche de valeurs ancestrales exhale un climat de douceur de vivre.L’intemporalité des scènes paisibles évoque pour chacun de nous notre propre enfance ou celle de nos proches.L’univers de Gérald Engelvin délaisse les scènes désuètes d’un Carl Larsson tout comme le réalisme magique d’un Felice Casorati. Loin de l’innocente équivoque d’un Balthus l’œuvre de Gérald Engelvin apporte vivacité, quiétude dans une grande simplicité de scènes de la vie quotidienne de l’enfance.

 

 

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